IntroductionLa stimulation cérébrale profonde (SCP) du noyau sous-thalamique (NST) améliore l’état moteur des patients Parkinsoniens. Son effet sur la perception douloureuse (altérée dans la maladie de Parkinson*) reste mal connu.
ObjectifsComparer l’effet de la SCP sur (1) le seuil nociceptif subjectif, (2) l’activité cérébrale liée à la douleur en Tomographie par Emission de Positons (TEP) chez des patients Parkinsoniens avec ou sans douleurs neuropathiques.
MéthodesDans cette étude prospective, randomisée, croisée, contrôlée et en double aveugle, la détermination du seuil nociceptif subjectif (grâce à des stimulations thermiques, thermotest) et les examens TEP (les patients recevant des stimulations expérimentales nociceptives) étaient réalisés dans deux conditions pour chaque patient: SCP ON et SCP OFF chez 16 patients Parkinsoniens sevrés de leur traitement anti-parkinsonien (8 non douloureux et 8 présentant des douleurs neuropathiques).
RésultatsLa SCP élevait significativement le seuil nociceptif subjectif des 16 patients Parkinsoniens (42,6 ± 3,9 pour la condition SCP OFF et 43,5 ± 3,6 pour SCP ON; p=0,03). Cet effet était également retrouvé dans chacun des groupes (patients douloureux ou non). Les patients Parkinsoniens douloureux avaient un seuil significativement plus bas que celui des patients non douloureux. La SCP réduisait l’activité cérébrale liée à la douleur dans des aires comme le cortex prémoteur et le thalamus (p<0,05 ; k>50).
DiscussionLa SCP du NST modifie la perception douloureuse des patients parkinsoniens en élevant le seuil nociceptif et en réduisant l’activité cérébrale d’aires nociceptives. Elle pourrait agir sur certaines structures des ganglions de la base impliquées à la fois dans le circuit moteur et nociceptif.
ConclusionLa SCP du NST pourrait être indiquée chez les Parkinsoniens présentant des douleurs neuropathiques.
Informations complémentaires
Financée par le CHU Toulouse et Medtronic France
*Brefel-Courbon et al., 2005